Pause musicale

VLAMINCKa.jpgMaurice de Vlaminck (1876-1958), Maisons dans le Perche
Collection particulière

W3C

  • Flux RSS des articles

Publicité

Ce site est optimisé pour Mozilla Firefox

 

Grands courants de pensée

Jeudi 22 mars 2007

 

Michel Foucault (1926-1984) est un philosophe que j'apprécie beaucoup. Malheureusement sa pensée n'est pas toujours très saisissable. Même si son Histoire de la folie m'a été d'une aide remarquable pour mes travaux sur la médecine de l'esprit dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, je dois avouer que, à différentes reprises, j'ai du relire plusieurs fois une même phrase pour en comprendre le sens exact. N'étant pas si bête que cela, je me dis que je ne suis certainement pas la seule dans ce cas. C'est pourquoi j'ai décidé de présenter ici, un condensé de l'ouvrage de Judith Revel intitulé Le vocabulaire de Foucault.

 

Cette première partie ira de la lettre A à la lettre E.

 

Actualité :

2 conceptions :
- comment un événement non seulement engendre tout une série de discours, de pratiques, de comportements, d’institutions, mais se prolonge jusqu’à nous.
- le fait que poser philosophiquement la question de sa propre actualité, ce que fait Kant pour la première fois dans Qu’est-ce que les Lumières ?, marque le passage à la modernité.

Pour Foucault comme Deleuze, l’irruption du nouveau, ou « événement », caractérise l’actualité. En revanche, le présent qui n’est brisé par aucun événement ne peut que basculer en donnant lieu à l’installation d’un nouveau présent.

 

Archéologie :

Ce terme apparaissant dans trois titres de Foucault caractérise, jusqu’au début des années 70, la méthode de recherche du philosophe.
Dans « archéologie », on retrouve l’idée de l’archè, c’est à dire du commencement, de l’émergence des objets de connaissance, et l’idée de l’archive. De la même manière que l’archive n’est pas la trace morte du passé, l’archéologie vise en réalité le présent : « Si je fais cela, c’est dans le but de savoir ce que nous sommes aujourd’hui » (Dialogue sur le pouvoir, 1978).


Archive :

Pour Foucault, l’archive correspond à l’ensemble des discours prononcés à une époque donnée et qui continuent à exister à travers l’histoire. Mais à partir des années 70, il n’y accorde plus la même importance. Foucault réintroduit la notion de subjectivité dans sa réflexion. Ce paradoxe d’une utilisation non-historienne des sources lui a souvent été reproché.


Biopolitique :

Ce terme désigne la manière dont le pouvoir tend à se transformer entre le XVIIIe siècle et le XIXe siècle : on ne gouverne non plus seulement les individus mais l’ensemble des vivants constitués en population. A travers les pouvoirs locaux, on doit s’occuper de la gestion de la santé, de la natalité, dans la mesure où ils sont devenus des enjeux politiques.


Contrôle :

Le terme désigne dans un premier temps (années 70) les mécanismes de surveillance qui apparaissent entre le XVIIIe et le XIXe siècle qui ont pour fonction de corriger mais surtout de prévenir la déviance. C’est la formation de la société capitaliste (contrôle des flux, de la répartition de la main d’œuvre) qui rend nécessaire cette surveillance dont le développement de la police et la surveillance des populations sont les instruments essentiels.
Mais dans les années 80, Foucault laisse sous-entendre que le contrôle définit un mécanisme d’application du pouvoir différent de la discipline (ex : intériorisation des normes).


Corps (investissement politique des corps) :

« Il y a eu, au cours de l’âge classique, toute une découverte du corps comme objet et cible du pouvoir » (Surveiller et punir, 1975, p. 138). On passe du corps comme inscription des supplices et des peines à la volonté de corriger et de réformer les corps. L’idée de Foucault est que le pouvoir modèle chaque individu depuis l’école jusqu’à l’usine et gère les populations en instituant de véritables programmes d’administration de la santé, de l’hygiène...
Mais ce corps peut devenir un enjeu de résistance au pouvoir (Foucault participe aux discussions du mouvement homosexuel).


Discipline :

Ce sont les modalités d’application du pouvoir qui apparaissent entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle.
Bien sûr les disciplines existent depuis longtemps dans les couvents, les armées, les ateliers mais Foucault cherche à comprendre de quelle manière, elles deviennent à un certain moment des formules générales de domination.
Foucault à sans doute construit le modèle disciplinaire à partir de l’expérience qu’il a faite au sein du G.I.P (Groupe d’Information sur les prisons) en 1971-1972.


Dispositifs :

Ce terme apparaît chez Foucault dans les années 70 et désigne des opérateurs matériels du pouvoir, c’est à dire des techniques, des stratégies et des formes d’assujettissement mises en place par le pouvoir.
Cette notion remplace peu à peu celle d’épistémé, employée par Foucault jusqu’à la fin des années 60.


Epistémé :

Le terme est au centre des analyses des Mots et les choses (1966). Il désigne ici un ensemble de rapports liant différents types de discours et correspondant à une époque historique donnée : « ce sont tous les phénomènes de rapports entre les sciences ou entre les différents discours scientifiques qui constituent ce que j’appelle épistémé d’une époque ».


Ethique :

La morale est au sens large un ensemble de valeurs, de règles d’action qui sont proposées aux individus et aux groupes par l’intermédiaire de différents appareils prescriptifs (famille, institutions éducatives, Eglises). En revanche, l’éthique concerne la manière dont chacun se constitue soi-même comme sujet moral du code.


Evènement :

Foucault entend tout d’abord de manière négative un fait dont certaines analyses historiques se contentent de fournir la description. Puis le terme apparaît de façon positive, comme une cristallisation des déterminations historiques complexes qu’il oppose à l’idée de structure.
A partir de la définition de l’événement comme irruption d’une singularité historique, Foucault va développer 2 discours :
- nous répétons sans le savoir des évènements dans notre actualité
- il s’agit de chercher dans notre actualité les traces d’une « rupture évènementielle ».


Référence :

REVEL (Judith), Le vocabulaire de Foucault, coll. Vocabulaire de..., éd. Ellipses, 2002


Voir également :

Les grandes notions chez Michel Foucault (seconde partie)

Michel Foucault (Biographie)

Interview de Michel Foucault

Lorsque la folie remplace la lèpre dans l'imaginaire collectif


Par Elodie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus