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VLAMINCKa.jpgMaurice de Vlaminck (1876-1958), Maisons dans le Perche
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Jeudi 22 janvier 2009

Après avoir présenté rapidement l'origine des cosmétiques, il m'a semblé judicieux déborder un thème un peu plus large mais que se rapporte aussi à l'obsession qu'on toujours eu les Hommes pour la beauté.

Je rapporte donc ici une conférence de Georde Vigarello qui commence a dater un peu (5 décembre 2000) mais qui reste d'actualité.





Originellement, le culte correspond à un honneur que l'on rend à une divinité.

Le corps, lui, est une entité faite de matière.

Et la société contemporaine est la société la plus récente, celle dans laquelle on vie.


Quelques thèmes historiques

On a souvent l'idée que la société contemporaine a découvert le corps ; qu'avant, il n'y avait pas de civilisation du corps, qu'on le méprisait. Mais c'est une illusion (voir notamment l'origine des cosmétiques).

Jean Delumeau, dans La Civilisation de la Renaissance montre combien le corps est exalté à cette période.

Rousseau, quant à lui, luttait pour s'affranchir des contraintes du corps (corset des femmes, emmaillotage des bébés...)

En 1936, Mme Lagrange s'exclame « c'était l'an 1 du corps libéré ».


Dans cette évolution vers la libération des corps, l'avènement des loisirs joue, bien entendu, un rôle important.

Pour Alain Corbin, l'avènement des loisirs commence il y a environ 150 ans avec les débuts du temps consacré à soi.


Le corps, lieu d'efficacité sur les choses

La santé a transformé les repères et les pratiques. La psychologie et la physiologie prennent une place très importante. Déjà en 1945, l'OMS voyait la santé comme l'état de bien être complet ne se caractérisant pas seulement par l'absence de maladie.

La santé fait partie de la mécanique de consommation. Cela se ressent avec la hausse croissante du nombre de magazine santé et des produits d'automédication.


Le corps représente une propriété

Deux grandes considérations :

- Les progrès de la technologie donne le sentiment que ce que nous possèdons en nous peut être changé : greffes, implants...

Art 17 : « la loi assure l'intégrité du corps humain ». Or la technique donne l'impression que l'on peut aisément violer cette loi. C'est à ce moment qu'intervient l'éthique.

Il faut établir des frontières sur son corps. Dans les années 60, les féministes déclaraient « Mon corps est à moi ». Cela est toujours vrai. Aujourd'hui, l'espace physique et psychologique du corps  ne peut plus être dérangé à lois contre le harcèlement sexuel et moral.


Le corps, un lieu d'identité

Les gestes que je fais sont une traduction du « moi ».

On observe plusieurs changements :

- renouvellement des techniques : déplacement des frontières de la vie et de la mort. Flottement qui fait qu'un individu absent peut revenir, du coma par exemple.

- le corps est devenu un lieu de réalisation de soi, un lieu de travail et d'interrogation. On a le sentiment qu'en transformant l'extérieur, on peut changer l'intérieur. C'est un lieu de travail illimité pour retrouver son identité. Cela peut entrainer des pratiques à risques.



Conclusion

Il y a un culte du corps au sens où certaines dimensions de notre corps ont atteint un point de focalisation qui les sacralise.

Le corps est l'objet de représentations nouvelles : sensation de disponibilité et de maitrise de soi.

Néanmoins on remarque une contradiction dans le sens ou l'individu, apparemment davantage maitre de lui qu'auparavant, vit dans un monde qui supporte de moins en moins les identités.



Voir également :



Les origines des cosmétiques





Photo : sokaris73

Par Elodie - Publié dans : Histoire - Communauté : Les Cultureux éclectiques
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