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VLAMINCKa.jpgMaurice de Vlaminck (1876-1958), Maisons dans le Perche
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Dimanche 30 novembre 2008

 

 

Comme Victor Hugo (1802-1885), Claude Levi-Strauss aura traversé son siècle et continue sur le suivant en marquant ceux qui le lisent. A l'occasion de son centième anniversaire, qui a eu le 28 novembre 2008, il est plus que jamais à l'honneur et de nombreux journaux et magazines insistent sur la redécouverte de son oeuvre. Voici donc quelques pistes.

 

 

Les débuts

Claude Lévi-Strauss est né le 28 Novembre 1908 à Bruxelles.

Il part étudier le droit et la philosophie à Paris, où il est reçu à l'agrégation en 1931.

En 1934, sa carrière d'éthnologue commence. C'est le moment où il est invité à Sao Paulo pour enseigner la sociologie. A cette occasion il séjourne parmi les populations indiennes nambikwaras, caduvéos et bororos, et mène ses seules enquêtes de terrain.

Il rentre en France en 1939, à la veille de la guerre. Il sera mobilisé au service des PTT, puis affecté au lycée de Montpellier avant d'être révoqué en raison des lois raciales. Il réussi à se rendre aux Etats-Unis en 1941, sur un paquebot où il voyage avec André Breton. Il y enseigne alors à l'Ecole libre des hautes études, et à la New School for Social Research de New York et fonde en compagnie d'Henri Focillon, Jacques Maritain, Jacques Perrin entre autres l'Ecole libre des Hautes études de New York dont il devient le secrétaire général. C'est alors qu'il découvre les travaux fondamentaux de la linguistique et de l'anthropologie, et notamment ceux de Roman Jakobson (1896-1982) et de Franz Boas (1858-1942).

 

 

Après guerre

Après avoir été ambassadeur de France à Washington de 1945 à 1947, il démissionne pour se consacrer à ses recherches. C'est alors qu'il publie La Vie familiale et sociale des Indiens Nambikwara et soutient sa thèse Les Structures élémentaires de la parenté, ses deux premières œuvres.

Docteur d'Etat, il sera d'abord maître de recherches au CNRS puis sous-directeur du musée de l'Homme en 1949. Il est ensuite nommé directeur d'études à la 5e section (dite des sciences religieuses) de l'Ecole pratique des hautes études, à l'ancienne chaire de Marcel Mauss, rebaptisée chaire des religions comparées des peuples sans écriture.
C'est l'époque de maturation avec Race et Histoire paru en 1952, le recueil d'articles qui va définir son projet scientifique, Anthropologie structurale (1958). Mais aussi le très célèbre Triste Tropiques (1955). Cet ouvrage a fait le tour du monde, parce qu'il contenait les fondements d'une théorie, le structuralisme appliqué à l'anthropologie. Mais aussi parce que l'auteur prenait le contre-pied de son propos en commençant par le fameux « Je hais les voyages et les explorateurs ».

 

 

La célébrité internationale

En 1959, il est élu à la chaire d'anthropologie sociale du Collège de France et y fonde l'année suivante le laboratoire d'anthropologie sociale et la revue d'anthropologie française L'Homme avec Emile Benveniste et Pierre Gourou. Ses travaux sont alors marqués par une double réflexion : d'une part, l'élaboration théorique de l'objet même de l'anthropologie, dans Le Totémisme aujourd'hui (1962) et surtout dans son oeuvre majeure, La Pensée sauvage (1962) ; d'autre part, l'application de ces principes dans l'imposante tétralogie de plus de 2000 pages, les "Mythologiques" : Le Cru et le Cuit(1964), Du miel aux cendres (1964), L'Origine des manières de table (1968), et L'Homme nu (1971). La consécration vient le 24 mai 1973 avec son élection à l'Académie française où il occupe le fauteuil 29 de son illustre prédécesseur Henry de Montherlant.

Les recueils d'articles, de comptes rendus de séminaires et d'entretiens se multiplient, même après la retraite, prise en 1982 : Le Regard éloigné (1983); Paroles données(1984) ; De près et de loin (1988); Des symboles et leurs doubles (1989).
Par ailleurs se poursuit la quête des mythologies par une approche esthétique dans La Voie des masques (1975) et la reprise de certains mythes dans La Potière jalouse (1985) et Histoire de lynx (1991).

Néanmoins, Pascal Maniglier, philosophe et professeur à l'université d'Essex (Grande Bretagne) constate qu'au début des années 1990, Claude Lévi-Strauss était absent du paysage philosophique français. Ceux qui s'intéressaient au monde contemporain étaient nourris pas des auteurs comme Deleuze, Foucault, Derrida. Le structuralisme passait alors pour une théorie des systèmes immobiles.


Mais depuis quelques années, on assiste à la redécouverte de l'œuvre de Claude Lévi-Strauss. Manuela Carneiro Da Cunha, anthropologue brésilienne, déclare qu'il s'est produit à son égard quelque chose de rare : « avoir été considéré comme dépassé par quelques-uns, et être redécouvert de son vivant. » Cette redécouverte se traduit également par la publication de ses œuvres en Pléiade, un honneur rarement accordé aux auteurs de leur vivant. Qui plus est, lorsqu'ils ne sont pas romanciers.

En 2006, il assiste à l'inauguration de Musée du Quai Branly, où le théâtre porte son nom.

Aujourd'hui, il déplore le gâchis. La destruction des espèces végétales ou animales, la perspective démographique (9 milliards d'humains) empoisonne le futur et place « l'espèce humaine sous une sorte de régime d'empoisonnement interne ».

 

 

 

 

Pour continuer :

 

Le site de l'Université du Québec propose Tristes Tropiques en texte intégral

D'autres sites quant à eux proposent des dossiers. Deux sont particulièrement intéressants.

Canal Académie

France Culture

 

 

 

 

 D'autres grands penseurs sur ce site :

 

Paul Ricoeur

Raymond Aron

Guy Debord

Michel Foucault

 

 

Par Elodie - Publié dans : Grands courants de pensée - Communauté : Les Cultureux éclectiques
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